Le futur est autochtone : Décolonisons Thanksgiving.

Traduction d’Anita Tarpe, article écrit par Maile Arvin et publié sur Truthout :

http://www.truth-out.org/opinion/item/38486-the-future-is-indigenous-decolonizing-thanksgiving

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Si cette année est celle où vous avez décidé de démonter les croyances de votre famille au sujet du mythe de Thanksgiving, faîtes-le de manière à rendre hommage au présent et au futur autochtone. (Image: Jared Rodriguez / Truthout).

L’année dernière, un mème vidéo qui circulait peu de temps avant Thanksgiving, montrait la personnalité Youtube Franchesca Ramsey recomposer avec humour la véritable histoire de cette fête nationale. Décidée à rabattre la joie de sa famille qui fête Thanksgiving autour d’un repas, Ramsey détruit, les uns après les autres, les mythes édulcorés dont les écoles primaires font la promotion. Par exemple, que les amérindiens et les pères pèlerins aient été  »genre, supers potes ». C’est un clip drôle et instructif qui remet en question les idées préconçues et normées véhiculées par cette fête. Il nous présente une analyse du processus qui a amené les Etats-Unis à la célébrer tous les ans et ramène à la conscience la brutalité de la conquête qu’ont subi les peuples autochtones de ce continent.

Je suis une admiratrice de Ramsey mais quelque chose m’a perturbée au sujet de ce clip et de sa popularité évidente dans mon réseau de médias sociaux. Il y a quelque chose que la vidéo ne corrige pas, c’est l’idée que les amérindiens ont en grande partie  »disparu » ( un terme problématique, colonial qui continue d’être utilisé pour faire référence aux peuples autochtones, bien qu’il soit plus adapté pour parler des plantes et des animaux non-humains). Ramsey explique que Thanksgiving devint populaire au 19ème siècle  »après que nous ayons battu et tué tous les amérindiens ». Cette phrase m’est restée :  »après que nous ayons battu et tué tous les amérindiens ».

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Le travail radical de guérison : Fania et Angela Davis sur un nouveau type d’activisme pour les droits civiques

Source : Yes! Magazine
Interview par Sarah van Gelder
Traduction : Mireille Rumeau

Résumé : « Auto-thérapie, guérison, attention au corps et à la dimension spirituelle – tout ceci fait maintenant partie des luttes radicales pour la justice sociale. »

 

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Angela Davis et sa sœur Fania Davis travaillaient pour la justice sociale avant que beaucoup des militants d’aujourd’hui soient nés. De leur enfance dans la ville ségréguée de Birmingham, en Alabama, où leurs amis furent victimes de l’attentat de l’Église baptiste de la 16ème rue, à leur adhésion au parti des Black Panther et au Parti communiste, à leur travail de lutte contre le complexe de l’industrie carcérale, leurs vies sont consacrées à l’affirmation des droits des Afro-américains.

En 1969, Angela Davis a été congédiée de son poste d’enseignante à l’UCLA (université de Californie à Los Angeles, ndt) en raison de son appartenance au Parti communiste. Elle a ensuite été accusée d’avoir eu un rôle actif dans un enlèvement lors d’une audience, qui a abouti à quatre décès. La campagne internationale pour obtenir sa sortie de prison fut menée, entre autres, par sa sœur Fania. Angela a finalement été acquittée et continue de plaider pour une réforme de la justice pénale.

Inspirée par les avocats de la défense d’Angela, Fania est devenue avocate des droits civiques à la fin des années 1970 et a pratiqué dans le milieu des années 1990. Elle s’est alors inscrite dans un programme d’études autochtones à l’Institut d’études intégrales de la Faculté de Californie et a étudié avec un guérisseur zoulou en Afrique du Sud. A son retour, elle a fondé Justice réparatrice pour la jeunesse d’Oakland. Aujourd’hui, elle milite pour un processus de vérité et de réconciliation axée sur le traumatisme racial historique qui continue de hanter les Etats-Unis.

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Deux-Esprits, Un Cœur, Cinq Genres

Source : Indian Country Today Media Network

Résumé : Où l’on découvre qu’avant le premier contact avec les Européens, les sociétés amérindiennes reconnaissaient cinq genres liés à la spiritualité plutôt qu’à la sexualité, et que la caractérisation « LGBT » euro-américaine ne peut donc pas s’appliquer convenablement à cette particularité culturelle des peuples indigènes, qu’ils nommaient « Deux-Esprits ».

« Le Nouveau Monde. » Ce terme romancé a inspiré des légions d’Européens fonçant vers les lieux où nous vivons, à la recherche de la libération de régimes oppressifs, ou de trésors qui seraient revendiqués au nom de quelque nation européenne. Ceux qui sont arrivés dans le Jardin d’Eden des Amérindiens n’avaient jamais vu une terre aussi intacte. Les Européens ont vu une nouvelle géographie, de nouvelles plantes, de nouveaux animaux, mais pour ces gens, la curiosité la plus troublante furent les Peuples Originels et nos modes de vie.

De tous les modes de vie étrangers des Indiens, l’un des premiers que les Européens ont visé pour l’éliminer fut la tradition des Deux-Esprits. Au moment du premier contact, toutes les sociétés amérindiennes reconnaissaient de trois à cinq rôles liés au genre : féminin, masculin, deux-esprits féminin, deux-esprits masculin et transgenre. Les Amérindiens LGBT voulant être identifiés au sein de leurs tribus respectives et non regroupés avec d’autres races ont adopté officiellement le terme « Deux-Esprits » en langue Ojibwe à Winnipeg, Manitoba, 1989. Chaque tribu avait son propre terme spécifique, mais il fallait un terme universel que l’ensemble de la population pourrait comprendre. Les Navajos se référaient aux Deux-Esprits par le terme Nádleehí (celui qui est transformé), les Lakota par le terme Winkté (indiquant un homme qui a des pulsions de comportement féminin), Niizh Manidoowag (deux esprits) en Ojibwe, Hemaneh (mi-homme mi-femme) en Cheyenne, pour n’en citer que quelques-uns. Comme le but de « Deux-Esprits » [Two Spirits] est d’être utilisé comme un terme universel en Anglais, il n’est pas toujours traduisible avec le même sens dans les langues autochtones. Par exemple, dans la langue cherokee iroquoise, il n’y a pas de traduction du terme, mais les Cherokee ont beaucoup de termes de variance de genre pour « femme qui ressent comme les hommes » et vice versa. Lire la suite de « Deux-Esprits, Un Cœur, Cinq Genres »

Poder Feminino Crew utilise le rap et la compromission pour donner de la puissance d’agir aux femmes des banlieues

Traduction : Marion Groch
Source : Catraca Livre

Depuis la banlieue de Recife, Poder Feminino Crew se réapproprie l’origine combattive du rap en faisant entendre sa voix contre le machisme.

Dans la périphérie de Recife, le groupe « Poder Feminino Crew » amène, à travers ses rimes, la somme des expériences de ceux qui, depuis longtemps, n’ont pas eu d’autres choix que celui de survivre.

Leurs paroles mettent en avant leur implication dans un “rap engagé”, pensé et orienté afin de casser les absurdités accompagnant la routine d’une femme – pauvre et noire – contre les maux du machisme, les préjugés et l’exclusion. Avec le micro, la danse, le graff et le beat, le groupe a trouvé un espace de résistance au sein de la culture hip hop.

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« Au-delà de la question du machisme, nous recherchons aussi, à travers nos textes, à développer l’amour propre des femmes avec des paroles d’auto-affirmation, et contre les standards de beauté »

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L’Afroperspectivité : pour une philosophie qui décolonise

Traduit par Marion Groch

Source : Geledés

Interview du docteur en philosophie de l’UFRRJ, Renato Noguera

Aujourd’hui, nous commençons une série d’interviews avec des intellectuels et des militants de la lutte noire au Brésil. Le premier est Renato Noguera, philosophe et professeur de l’UFRRJ, qui parle de l’apparition d’une tendance dans la philosophie brésilienne appelée Afroperspectivité. Renato et d’autres chercheurs tentent de formuler des concepts faisant appel aux traditions indigène, africaine et afro-brésilienne. Si Nietzsche recherchait l’inspiration dans les figures européennes classiques telles qu’Apollon et Dionysos pour leurs formulations sur l’art moderne, Renato Noguera et d’autres chercheurs, eux, font appel à des figures comme Mãe-de-Santo et à des concepts tels que celui du drible. Le triptyque de référence de cette entreprise est le suivant : Abdias do Nascimento, Viveiros de Castro et Molefi Asante. Selon Renato, la prolifération conceptuelle de Deleuze, par exemple, doit être dépassée.

Dans cette interview, nous parlons aussi du concept de l’épistémicide (de Suely Carneiro), des philosophies africaines – antérieures aux grecque et contemporaine – et du fait que les jeunes noirs en contexte violent peuvent se décoloniser par la philosophie. Renato critique aussi l’idée du métissage et fait un bilan de l’application des lois 10.639 et 11.645/08 qui prévoient l’enseignement de l’histoire et des cultures indigène, africaine et afro-brésilienne dans nos écoles. Il y a une pensée noire et critique qui gagne du terrain dans les universités brésiliennes. Renato Noguera et d’autres chercheurs de l’Afroperspectivité sont un des groupes les plus intéressants dans le champ philosophique.

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« Dans une société raciste qui présente des données alarmantes de violence urbaine dans lesquelles les principales victimes sont de jeunes noirs et noires, philosopher peut aider à repenser l’histoire politique et sociale. Mais, j’insiste, ils doivent étudier une philosophie qui soit marginale et anti-dogmatique. Une philosophie qui pense le racisme, une philosophie qui traite de la violence, une philosophie qui pense le Brésil, une philosophie ancrée dans notre territoire culturel, une philosophie qui est à venir et qui, peut-être, puisse faire partie des prémices du pluriversel philosophique afroperspectiviste. »

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La ville chilienne de Iquique crée un cours de “déprincessement” pour les filles

Source : Huffpost Brasil

Traduction : Marion Groch

Pour casser les représentations de genre, le Bureau de Protection des Droits de l’Enfant de Iquique, nord du Chili, a décidé d’innover : il a créé un séminaire de « déprincessement ».

Selon le site El Salvador, l’activité est adressée aux filles ayant entre 9 et 15 ans.

« Nous voulons leur donner des outils pour qu’elles grandissent en tant que filles libres des préjugés, ayant de la puissance d’agir et avec la conviction qu’elles sont capables de changer le monde, et qu’elles n’ont pas besoin d’un homme à leur côté pour y arriver” explique le coordinateur du Bureau de Protection des Droits de l’Enfant de la municipalité, Yury Bustamante au Mirador de Atarfe.

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Le pouvoir spirituel des cheveux longs – Culture Amérindienne

Source : O grande jardim

Traduction : Marion Groch

Dans les cultures natives et amérindiennes, des hommes et des femmes sont reconnus pour la longueur et la gloire de leurs cheveux. La coupe des cheveux par les oppresseurs, il y a très longtemps, représente la soumission et la défaite du Peuple par l’humiliation. Pour les Amérindiens, la façon de se coiffer signifie l’Alignement de pensée, la tresse représente l’Unité de pensée, le catogan, la Garantie de penser et la couleur, la Conviction de pensée.

Chaque coiffure représente une structure de pensée.

Les cheveux longs sont compris comme étant une extension de la pensée, comme le fil dans un entrelacement. Les coiffures sont particulièrement importantes pour plusieurs fêtes et réunions, chaque style indique la joie ou la tristesse à un moment déterminé, si la personne est mariée ou célibataire, son âge et son statut dans la tribu. Il s’agit de la représentation de ses sentiments et de sa situation dans la vie mondaine. Différents styles indiquent à quelle tribu on appartient et s’il s’agit de temps de guerre ou de paix. Les cheveux ne sont pas seulement un accessoire fashion, esthétique, ils sont littéralement l’expression spirituelle de l’être et sa source de force, d’intuition et de pouvoir.

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